À partir du 24 août, Nostalgie Belgique diffusera quatre heures de programmes chaque matin sur la chaîne LN24. Après ICI-France 3, Europe 1-CNews, RMC-BFM ou encore les passerelles entre RTL et M6, regarder la radio devient-il un usage durable ?
De 6h à 9h, La Nosta Family de Nostalgie Belgique sera diffusée dans la grille linéaire de LN24, suivie de Mission NostaMan jusqu’à 10h. Pendant quatre heures, le programme de la radio devient aussi un programme de télévision. Nostalgie avait déjà expérimenté cette « radiovision » sur Pickx Showcase. Jean-François Pottier, directeur des programmes de Nostalgie, estime d’ailleurs que près de 10 % de la population écoute ou regarde la radio via l’écran de télévision.
La radio s’installe sur les écrans
Nostalgie confirme une tendance déjà bien installée. En France, les matinales communes d’ICI et France 3 ont progressivement étendu leur couverture : 31 matinales touchaient 80 % du territoire et réunissaient 580 000 téléspectateurs en audience cumulée en 2023, selon France Télévisions et Médiamétrie. En 2024, le dispositif comptait 35 matinales couvrant près de 85 % de la population. Xavier Riboulet, alors directeur de la proximité de France 3, évoquait début 2024 des parts d’audience généralement comprises entre 3,5 et 4 %.
Le service public n’est pas le seul à rapprocher radio et télévision. Europe 1 et CNews ont développé des émissions communes, RMC et les chaînes BFM exploitent depuis longtemps les passerelles entre radio, télévision et vidéo, tandis que RTL et M6, au sein du même groupe, ont également utilisé la télévision pour prolonger certains rendez-vous radio. Les dispositifs diffèrent, mais ils démontrent qu’un programme audio peut être conçu pour circuler sur plusieurs canaux.

Diffuser sa matinale en live sur une chaîne TV, c’est avant tout construire une émission capable de résoudre quelques défis. Il sera intéressant d’observer comment Nostalgie traite les titres musicaux, la publicité, les écrans pendant les chansons, les changements de caméra et les éventuels contenus spécifiquement ajoutés pour la télévision. Le week-end, Nostalgie poussera encore plus loin la logique de radiovision sur LN24 avec Une furieuse envie de chanter : les paroles des chansons seront affichées à l’écran pour transformer le programme en karaoké. C’est le pari d’enrichir le contenu de la chaîne avec la programmation musicale radio de Nostalgie.
Plus de visibilité = plus d’auditeurs ?
S’il existe un public pour regarder des programmes issus de la radio, il est difficile de conclure qu’un téléspectateur devient ensuite un nouvel auditeur. L’intérêt se situe davantage dans l’augmentation de la portée du programme et de la marque : les animateurs deviennent visibles, les interviews produisent des images et les séquences peuvent être réutilisées sur les sites, plateformes vidéo et réseaux sociaux.
Cette stratégie est plus facile à mettre en œuvre pour les grands groupes. ICI peut s’appuyer sur le réseau régional de France 3 ; Europe 1, RMC ou RTL appartiennent à des groupes disposant également d’activités télévisuelles. Une radio locale indépendante trouvera plus difficilement un partenaire équivalent. Les télévisions locales françaises dont les résultats d’exploitation sont souvent déficitaires disposent de moyens limités. Car il ne faut pas oublier qu’il faut pouvoir financer les programmes, qu’ils soient vidéo ou audio et que sans financement public et dans un cadre d’accès gratuit, ils dépendent du sponsoring et la publicité.
Pour les radios locales, la vidéo plutôt que la télé ?
À l’échelle locale, l’opportunité vidéo pour la radio est de prévoir la captation vidéo des programmes qui s’y prêtent. Une fois caméras, éclairage et automatisation installés, le coût marginal de production de nouvelles images devient plus faible. Par exemple, une interview du matin qui fourni le direct radio, peut devenir une vidéo intégrale dont des extraits courts pourront servir de publications pour les réseaux sociaux.
Cette production doit ouvrir des pistes commerciales. Une régie peut proposer le parrainage vidéo de la matinale, une interview filmée d’un dirigeant local, une chronique thématique sponsorisée, une émission spéciale réalisée chez un annonceur ou depuis un événement, suggérer une série de podcasts, ou encore une offre combinant spots radio + présence dans le programme + vidéo + extraits sociaux. La vidéo ajoute à l’audio des points de contact et de nouveaux inventaires commercialisables.
Pour les radios locales, la caméra va devenir un outil pour fabriquer plus de contenus à partir d’une émission déjà produite et potentiellement générer plus de chiffre d’affaires. Apprendre à mettre ses contenus en images permet de multiplier leur valeur… et les occasions de les vendre.
Pour être certain de voir le live depuis la France, il faut télécharger l’app LN24.
Jef Duplaix
Mediatic Conseils
Mediatic Conseils est un organisme spécialisé dans la formation et l’accompagnement des équipes commerciales radio & audio digital. Une plateforme de E-learning et des formations présentielles et à distance sont disponibles. Pour nous contacter ou obtenir plus d’infos, cliquez ICI.