TV segmentée : la pub locale arrive sur l’écran du salon. Et les radios ?

Un concessionnaire, un cuisiniste ou un constructeur de maisons individuelles qui diffuse son spot sur TF1, M6 ou France 2 uniquement auprès des foyers de sa zone de chalandise ? Ce qui paraissait très loin il y a quelques années se rapproche vite pour tenir une promesse familière aux annonceurs habitués à Meta ou Google : cibler, diffuser et obtenir un bilan chiffré de sa campagne.

11,4 millions de foyers déjà accessibles

La TV segmentée remplace, chez certains foyers équipés d’une box et ayant donné leur consentement, un spot national par un autre message choisi en fonction de critères géographiques ou de profil.

Au premier semestre 2025, 11,4 millions de box étaient déjà éligibles en France. En 2024, plus de 500 annonceurs avaient utilisé la TV segmentée et 53 % des substitutions s’appuyaient sur de la géolocalisation. Ce n’est plus un marché expérimental, et surtout son accès devient plus facile.

FranceTV Publicité permet de lancer une campagne locale à partir de 2 000 euros via ADspace. M6 propose l’achat de TV segmentée via ses solutions dédiées. Et, TF1 PUB lance ce mois de septembre 2026 TF1 Business Partners, un programme destiné aux agences accompagnant les PME et entreprises locales.

Résultat du simulateur de budget de France TV Publicité 

La bataille de la distribution locale a commencé

Les régies TV nationales cherchent désormais des partenaires possédant déjà une force commerciale locale.

M6 Publicité a ouvert la voie avec Rossel Advertising France (Contact FM, Champagne FM, RDL, Métropolys, Toulouse FM…) , puis Sud Ouest Publicité et Ouest-France pour commercialiser ses inventaires de TV segmentée dans les territoires.

TF1 PUB a confié en juin 2026 à Cityz Media un rôle de sous-régie locale, permettant à ses commerciaux de proposer TV segmentée et TF1+ en complément de l’affichage. Les inventaires TV nationaux descendent vers les marchés locaux.

TV + radio : la complémentaire audio-visuelle

Un annonceur local qui cherche de la visibilité, du trafic et des clients sera bien évidemment tenté par la TVS (TV Segmentée). La TVS apporte l’image, la démonstration du produit, l’effet prestige et rassurant du « vu à la télé » et un ciblage socio-démographique optimisé. Il sera aussi séduit par l’effet d’aubaine et de nouveauté qui lui permettra de se faire remarquer localement.

 

La radio offre un intérêt complémentaire avec la répétition, l’intimité de l’audio, et un contexte d’écoute mobile et d’accompagnement. Elle reste le seul media « Eyes-Up / Hands-Free » qui libère les yeux et les mains. Une même idée créative peut donc être vue le soir à la télévision puis entendue plusieurs fois le lendemain en radio.

Pour un annonceur local qui dispose d’une identité sonore reconnaissable, l’effet de sa campagne radio sera augmentée par une diffusion TVS qui reprend ce code et vice versa. Dans ce contexte, l’existence d’un code sonore contribue à positionner la radio comme un media irremplaçable pour un annonceur local. Encore faut-il qu’il en ait un !

La TV segmentée apporte aussi quelque chose que beaucoup d’annonceurs réclament désormais : des indicateurs proches des pratiques digitales. Nombre d’impressions délivrées, couverture,  et, selon les dispositifs, mesure du trafic web, du trafic en magasin ou de l’impact sur les ventes. Tout ce qu’il faut pour rassurer des annonceurs locaux habitués aux tableaux de bord de Meta ou Google.

Une opportunité, mais attention…

Se lancer dans la commercialisation de TVS en complément d’une offre radio peut augmenter le panier moyen et conforter une régie sur le marché media local. Il faut donc penser à élever dans le même temps la qualité de son conseil, notamment par la formation, pour ne pas vendre uniquement le prestige de la télévision en oubliant de valoriser l’efficacité d’un plan media.

Le media ne suffit pas non plus à lui tout seul pour garantir le succès d’une campagne. Un spot local de qualité médiocre, risque de faire pâle figure à côté des campagnes nationales et pourrait desservir l’annonceur. Au même titre que pour un spot radio fade et sans relief. La créativité fera toujours la différence.

A la différence de la radio, un spot diffusé en TVS ne peut pas citer d’adresse ou d’identification géographique explicite, s’il veut respecter la réglementation. La géolocalisation s’effectue par le ciblage des box, pas par l’intermédiaire du message.

Enfin, la régie locale doit faire ses calculs avant de signer un contrat de régie (marge, qui facture le client, qui possède la relation commerciale, quelles données de campagne lui seront réellement remises) et anticiper l’éventuel transfert de chiffre d’affaires entre la radio et la TVS. C’est la complémentarité qu’il faut rechercher pour renforcer son offre commerciale et son expertise locale.

La pub locale à la télévision c’est déjà aujourd’hui. Ce qui s’annonce pour demain, c’est sa commercialisation à grande échelle par les forces de vente locales. Les radios peuvent jouer un rôle. À elles de décider si elles veulent en être.

Sources :

ADMTV / af2m – chiffres du marché de la TV segmentée au 1er semestre 2025

FranceTV Publicité / ADspace – fonctionnement de la TV segmentée

Pour aller plus loin : présentation de l’offre TVS Additi/Ouest-France, qui montre concrètement comment une régie locale présente la TV segmentée à ses annonceurs

 

Jef Duplaix
Mediatic Conseils

Mediatic Conseils est un organisme spécialisé dans la formation et l’accompagnement des équipes commerciales radio & audio digital. Une plateforme de E-learning et des formations présentielles et à distance sont disponibles. Pour nous contacter ou obtenir plus d’infos, cliquez ICI.